en attendant ce qui ne vient pas

de la rouille sur l'envie

du lichen sur la gueule

déjà tout s'éloigne

issi il y avait tellement de vies 

imbibées

marta raconte 

le dispersement des cendres de

son père

l'évacuation de sa mère

le galop de sa sœur

l'indifférence de la steppe

la brutalité du climat et des

hommes et du vide

elle peut rire de toussela

elle a des dents comme une

barrière mal foutue pour 

contenir la puanteur de ses

ressentiments

elle nous montre le mont 

méchant

le lac saligot

issi elle dit la nature est une

peste 

elle a un regard où on peut

faire le funambule sur le

dérisoire

je vais pourrir dans cette

pourriture

je n'ai pas toujours été ce

déchet 

ils sont venus en masse ils

sont partis moins vite 

maintenant c'est la poubelle

venez je vous invite

elle sert l'infâme ragoût

elle riritte

le bleu de ces yeux ne joue pas

la partie contre le bleu du ciel

issi elle dit quand le vent a 

décidé il vous emporte une

main

elle ne dort pas

mon corps qui en voudrait pour

un usage

soit vous restez encore un peu

soit vous partez sans vous

retourner

elle a mis quelques claques au

crépuscule

la nuit a mis du temps à se

ramener elle avait clairement

peur de la vieille